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La place Royale : façades classiques et fontaine de Nantes

La place Royale est dessinée par Mathurin Crucy en 1786 et aménagée à partir de 1790. Sa fontaine, inaugurée en 1865, représente Nantes, la Loire et quatre affluents. Les façades qui l’entourent racontent aussi la reconstruction du centre après les bombardements de 1943.

La place Royale : façades classiques et fontaine de Nantes
Eusebius · CC BY 3.0 · image redimensionnée
Les repères à connaître
Époque Fin du XVIIIe siècle ; fontaine du XIXe siècle
Construction Plan en 1786 ; aménagement à partir de 1790 ; fontaine inaugurée en 1865
Architecte Mathurin Crucy pour la place ; Henri-Théodore Driollet pour la fontaine
Matériaux Granit pour les bassins ; marbre blanc et bronze pour la statuaire
Adresse Place Royale, Nantes
Protection et parties protégées Aucune protection Mérimée renseignée pour la place dans la base consultée.

Commencer par la fontaine, puis regarder les façades

La fontaine attire d’abord le regard. Pour comprendre la place, éloignez-vous ensuite vers les façades et observez l’ensemble. Les bâtiments suivent une composition régulière, avec des boutiques au niveau du sol et des logements au-dessus. La rue Crébillon ouvre une perspective vers la place Graslin. L’eau, les sculptures et l’alignement des immeubles se lisent ainsi comme les éléments d’un même espace.

La place réunit une partie rectangulaire et une extrémité arrondie. Cette forme, parfois comparée à un miroir de toilette, évite l’effet d’un simple carrefour. Crucy recherche la symétrie et la continuité des façades. Faites le tour de la fontaine pour comparer les vues : chaque rue découpe une ouverture dans le pourtour, tandis que les lignes des étages rétablissent l’unité de l’ensemble.

Une place ouverte après les remparts

Avant l’aménagement de la place, les fortifications et le bastion Saint-Nicolas gênaient le développement de ce secteur. Plusieurs projets se succèdent au XVIIIe siècle. Jean-Baptiste Ceineray travaille à la transformation du faubourg et propose des plans pour une place Royale. Mathurin Crucy reprend ensuite le dossier et établit en 1786 le dessin associé à l’ensemble actuel.

Les constructions commencent à partir de 1790 sur des terrains attribués à des propriétaires privés. Ceux-ci doivent suivre les prescriptions de l’architecte pour leurs immeubles. Le résultat n’apparaît donc pas en une seule campagne de travaux. Le dernier bâtiment n’est achevé qu’en 1845. Cette histoire explique l’importance du plan commun : des constructions menées séparément doivent produire l’image d’une place cohérente.

Pourquoi une fontaine plutôt qu’un roi ?

Malgré son nom, la place Royale de Nantes n’a jamais accueilli de statue de monarque. La fontaine rend visible une autre identité : celle d’une ville liée au fleuve, au commerce et à l’industrie. Au sommet, la figure féminine représente Nantes. Elle tient un trident, attribut de Neptune, qui renvoie à la mer et aux eaux.

Le projet d’une fontaine existe dès la fin du XVIIIe siècle, mais sa réalisation attend le XIXe siècle. Henri-Théodore Driollet et Daniel Ducommun du Locle interviennent dans sa conception. Jean-Simon Voruz coule les sculptures de bronze. Le monument est inauguré le 16 mars 1865, en présence du maire Ferdinand Favre. Il arrive donc bien après le dessin de la place et ne doit pas être daté de 1790.

Reconnaître Nantes, la Loire et les affluents

La figure sommitale de Nantes est en marbre blanc. Autour d’elle, les autres statues sont en bronze. L’ensemble représente la Loire et quatre de ses affluents : l’Erdre, la Sèvre, le Cher et le Loiret. Les personnages transforment un réseau de cours d’eau en scène sculptée. Le monument parle ainsi du bassin de la Loire, au-delà des seules rivières que l’on longe dans Nantes.

Plus bas, des génies chevauchent des dauphins. Ils évoquent les activités industrielles et commerciales de la ville. Les bassins superposés sont en granit. Pour observer les détails, faites une première lecture de haut en bas : Nantes, les figures des cours d’eau, puis les petits personnages et les jeux d’eau. Reprenez ensuite du recul pour retrouver la forme générale du monument au centre de la place.

Des commerces prévus dès le dessin de Crucy

La vocation marchande est inscrite dans l’organisation des immeubles. Le rez-de-chaussée accueille les boutiques ; l’entresol permet d’autres usages, tandis que les étages abritent les logements. Les façades répondent donc à un projet économique autant qu’à une recherche de beauté. Les vitrines changent au fil du temps, mais le lien entre commerce et habitation reste essentiel pour comprendre la composition.

Au XIXe siècle, les magasins de nouveautés et les grandes enseignes succèdent en partie aux commerces artisanaux. La place accueille aussi des cafés où l’on se réunit et assiste à des concerts. Ces usages font de l’esplanade un lieu de sociabilité. Il suffit aujourd’hui de regarder les devantures et les accès des immeubles pour retrouver la coexistence des parcours quotidiens, des achats et de la promenade.

Ce que la reconstruction a conservé

Les bombardements de septembre 1943 endommagent très fortement la place et les rues voisines. Après la guerre, l’architecte Michel Roux-Spitz est chargé du plan de reconstruction de Nantes. Pour la place Royale, le choix est de retrouver une apparence proche de celle d’avant-guerre, en conservant le principe de l’architecture du XVIIIe siècle. L’harmonie visible aujourd’hui ne signifie donc pas que toutes les façades sont restées intactes.

Les immeubles sont reconstruits avec des techniques modernes et des changements dans leur distribution. Des accès aux logements passent à l’arrière, laissant davantage de place aux commerces côté esplanade. La fontaine elle-même doit être restaurée. Sa conservation est discutée, puis la remise en état du bassin reçoit un financement. La restauration engagée après-guerre se prolonge jusqu’en 1961. Ces interventions font partie de l’histoire du lieu.

D’un rond-point à une promenade dans le centre

Pendant une partie du XXe siècle, les voitures circulent autour de la fontaine. Les aménagements paysagers qui l’entourent la séparent des passants. Cette configuration est progressivement transformée : la place devient semi-piétonne en 2007, puis entièrement piétonne en 2011. Le monument retrouve une relation plus directe avec les promeneurs et l’esplanade devient plus facile à parcourir à pied.

La rue Crébillon permet de poursuivre vers Graslin et son théâtre. Pour découvrir une autre architecture du secteur, rejoignez la rue Santeuil et le passage Pommeraye. La basilique Saint-Nicolas se trouve également dans les rues voisines. Ces étapes montrent trois époques du centre : la composition classique des places, le développement des passages commerciaux et les grandes constructions religieuses du XIXe siècle. Gardez la fontaine comme point de repère pour revenir sur la place.

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Questions fréquentes

Qui a construit la place Royale ?

Mathurin Crucy dessine la place en 1786. L’aménagement débute en 1790 et les immeubles sont construits par différents propriétaires selon un plan commun. La fontaine, conçue au XIXe siècle, est inaugurée en 1865.

Quel autre nom donnait-on à la place Royale ?

Elle a notamment porté les noms de place Louis XVI, place de l’Égalité et place Impériale. En mai 1968, des manifestants la rebaptisent symboliquement place du Peuple.

Quel est le nom du fleuve qui traverse la ville de Nantes ?

C’est la Loire. La fontaine de la place Royale la représente avec quatre affluents : l’Erdre, la Sèvre, le Cher et le Loiret. La figure située au sommet symbolise la ville de Nantes.

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Sources : Nantes Métropole, Patrimonia : place Royale, Wikipédia : place Royale de Nantes ; données vérifiées le 17 octobre 2026.

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