Le passage Pommeraye : trois niveaux au cœur de Nantes
Le passage Pommeraye relie la rue de la Fosse à la rue Santeuil depuis 1843. Ses galeries couvertes, son escalier central et ses statues composent un décor du XIXe siècle à découvrir entre Commerce et Graslin. Le lieu garde sa fonction de galerie marchande.

| Époque | XIXe siècle |
|---|---|
| Construction | Fin 1840-1843 ; galerie latérale ouverte en 1852 |
| Architecte | Jean-Baptiste Buron et Hippolyte Durand-Gasselin |
| Matériaux | Bois et métal pour l’escalier ; verre, métal et pierre pour les galeries |
| Adresse | Entre rue de la Fosse, rue Santeuil et rue du Puits-d’Argent, Nantes |
| Protection et parties protégées | Les façades et les toitures sur les rues de Santeuil, de la Fosse et du Puits-d'Argent ; le passage proprement dit ainsi que la galerie Regnier en totalité avec leur décor, leur verrière et les devantures des magasins (cad. HN 70) : classement par arrêté du 26 décembre 1976 |
Un passage pour franchir la pente
La meilleure façon de comprendre le passage est de le traverser. Entrez rue de la Fosse, dans la partie basse, puis avancez jusqu’à l’escalier. Les vitrines bordent d’abord une galerie allongée. Le volume s’ouvre ensuite sur les paliers et les coursives du centre. En haut, la galerie Santeuil rejoint la rue du même nom, près de la rue Crébillon.
Les trois niveaux répondent à une difficulté du terrain : relier deux rues qui ne sont pas à la même hauteur. Buron et Durand-Gasselin font de cette contrainte le principe de leur architecture. Le parcours monte par étapes, tandis que les galeries en mezzanine multiplient les vues sur le grand escalier. Pour observer l’ensemble, changez de niveau plutôt que de rester devant une seule entrée.
Louis Pommeraye, un promoteur et deux architectes
Le passage porte le nom du notaire Louis Pommeraye. Avec le restaurateur Charles Guilloux, il rassemble les propriétés nécessaires à l’opération. Leur projet veut mieux relier le secteur de la Bourse et de la place du Commerce au quartier du théâtre Graslin. Il s’inscrit dans le développement des passages couverts, qui offrent aux piétons un itinéraire marchand protégé de la pluie.
Le chantier commence à la fin de 1840. La société Pommeraye et Cie est constituée en janvier 1841 et le passage ouvre en 1843. Jean-Baptiste Buron et Hippolyte Durand-Gasselin en conçoivent l’architecture. Il faut donc distinguer le promoteur qui donne son nom au lieu des architectes qui organisent ses volumes. Louis Pommeraye ne profite pas durablement de ce succès : il meurt ruiné en 1850.
L’escalier, le détail à regarder de près
L’escalier central réunit plusieurs matériaux. Les marches et les paliers sont en bois ; la structure et les éléments décoratifs font largement appel au métal. Les ateliers Voruz participent à sa réalisation. L’ouvrage permet de monter d’une galerie à l’autre, mais sert aussi de point de vue : les rampes ajourées laissent lire les déplacements et le décor des niveaux voisins.
Regardez les contremarches, dont les motifs dessinent une sorte de dentelle, puis les rampes et leurs ornements végétaux. Les éléments de soutien restent visibles sans former un mur opaque. C’est ce contraste entre la masse des immeubles et la finesse de l’escalier qui donne au centre son effet particulier. Écartez-vous des marches pour vous arrêter : le passage sert aussi aux déplacements quotidiens.
Des verrières et plusieurs ambiances
Le passage n’est pas couvert d’une seule verrière uniforme. La galerie de la Fosse, l’espace central et la galerie Santeuil reçoivent des couvertures adaptées à leurs dimensions. Au centre, de fins supports métalliques portent une verrière plus large. Rue Santeuil, des arcs de pierre traversent la galerie et rythment le plafond. En avançant, levez les yeux pour voir ces changements.
L’éclairage faisait partie de la nouveauté du lieu. À son ouverture, le passage disposait du gaz, qui prolongeait l’activité au-delà du jour. Les luminaires participaient au décor autant qu’au confort des clients. La lumière naturelle des verrières et les boutiques éclairées répondent ainsi à un même projet : rendre agréable la traversée d’un îlot dense, tout en donnant envie de s’y attarder.
Statues, médaillons et décors de boutiques
Les personnages placés près des paliers sont des allégories : ils représentent des activités ou des idées, comme le Commerce, l’Industrie, les Sciences et les Beaux-arts. Jean Debay est l’un des principaux auteurs de cet ensemble sculpté. Autour de l’horloge, deux enfants figurent le Jour et la Nuit. Ce vocabulaire donne au commerce une mise en scène presque théâtrale.
La galerie Santeuil possède un décor plus abondant que la galerie de la Fosse. Louis et Guillaume Grootaërs interviennent dans ses ornements. Observez les médaillons entre les fenêtres, les feuillages, les arcades et les menuiseries des devantures. Le regard passe sans cesse de la boutique au niveau des logements, puis au plafond. Les façades intérieures comptent autant dans la visite que l’escalier célèbre.
Un lieu de commerce, mais aussi de cinéma
Pommeraye n’a pas été conçu comme un musée. Les boutiques occupent le passage depuis son ouverture et des logements font partie de l’ensemble. Cette double fonction explique les étages qui se dressent au-dessus des vitrines. Le monument reste un morceau de ville habité et traversé, avec ses entrées, ses circulations et sa copropriété.
Le décor a aussi nourri l’imaginaire des artistes. Jacques Demy l’utilise dans Lola et Une chambre en ville. L’écrivain André Pieyre de Mandiargues et le dessinateur Jacques Tardi lui donnent également une place dans leurs œuvres. Lors de la visite, les perspectives des coursives et les silhouettes sur les paliers permettent de comprendre ce qui attire les cinéastes dans cette architecture.
Entrées et suite de la promenade
La rue de la Fosse et la rue Santeuil donnent accès aux deux extrémités du parcours. Une galerie latérale rejoint aussi la rue du Puits-d’Argent : ouverte en 1852, elle complète le passage initial. Les entrées extérieures sont plus discrètes que le décor intérieur. Repérez le nom du passage et ses porches plutôt que de chercher une façade isolée sur une grande place.
L’escalier est un élément central du parcours ; choisissez votre entrée en fonction du niveau que vous souhaitez voir. L’espace est privé et ses accès ferment la nuit. Depuis la sortie Santeuil, la rue Crébillon permet de poursuivre vers la place Graslin ou la place Royale. Ce rapprochement fait découvrir trois façons d’organiser la ville : la galerie couverte, la place de théâtre et l’ensemble classique autour d’une fontaine.
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Questions fréquentes
Comment s’appelle le passage à Nantes ?
Le passage couvert le plus connu du centre est le passage Pommeraye. Il relie la rue de la Fosse à la rue Santeuil et possède aussi une issue rue du Puits-d’Argent.
Qui a créé le passage Pommeraye et en quelle année ?
Louis Pommeraye et Charles Guilloux portent le projet. Le chantier débute à la fin de 1840 et le passage ouvre en 1843.
Qui a construit le passage Pommeraye ?
Les architectes Jean-Baptiste Buron et Hippolyte Durand-Gasselin conçoivent le passage. Les ateliers Voruz réalisent notamment les éléments métalliques de son escalier monumental.
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Comparer les monuments et consulter la méthode des données
Sources : Nantes Métropole, Patrimonia : passage Pommeraye, Wikipédia : passage Pommeraye, Ministère de la Culture, notice Mérimée PA00108756 ; données vérifiées le 17 octobre 2026.
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