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La butte Sainte-Anne, un quartier construit au-dessus du port

La butte Sainte-Anne domine les anciens quais du port, à l’ouest du centre de Nantes. Son histoire se lit dans le relief, le manoir de la Hautière et la liaison créée entre l’église et le quai Marquis-d’Aiguillon. L’escalier ouvre en 1850, la statue de sainte Anne est inaugurée en 1851 : deux étapes distinctes d’un même projet urbain.

Le manoir de la Hautière vu depuis la rue, sur la butte Sainte-Anne
Le manoir de la Hautière vu depuis la rue, sur la butte Sainte-Anne · Selbymay · CC BY-SA 3.0 · image redimensionnée
Repères pour lire Butte Sainte-Anne
Commune Nantes
Lecture du bâti Relief, escalier monumental et habitat des hauteurs
Époques et transformations Seigneurie ancienne ; urbanisation du XIXe siècle

Un coteau longtemps extérieur à Nantes

Avant son urbanisation, la butte appartenait à un paysage de vignes, de vergers et de propriétés dispersées. Elle dépendait de la paroisse de Chantenay et de la seigneurie de la Hautière. Il a longtemps été un coteau à l’écart de la ville, au-dessus du fleuve.

La carrière de Miséry a profondément entamé ce relief. Le granite extrait au pied de la butte servait notamment aux voies de la ville : sa résistance répondait aux contraintes du passage des roues ferrées. Le terrain raconte ainsi une histoire de matériaux et de travaux.

À partir de la Révolution, Nantes absorbe une partie de Chantenay. La rue Fontaine-des-Baronnies devient une limite, bien avant l’annexion du reste de Chantenay en 1908. La butte est donc nantaise avant cette dernière date. Cette chronologie explique pourquoi les histoires de Sainte-Anne et de Chantenay se croisent sans se confondre.

Le port transforme la butte au XIXe siècle

Le déplacement du port vers l’aval attire ateliers, entrepôts et chantiers dans l’ouest nantais. Ces activités ont besoin d’espace et de main-d’œuvre. Le coteau se peuple, notamment de Bretons venus chercher du travail. Dans son récit publié sur Patrimonia, Louis Le Bail décrit des logements surpeuplés, sans eau potable ni égouts, et de fortes difficultés de circulation entre le haut et le bas.

Cette situation aide à comprendre le rôle de l’escalier. Les habitants des quais doivent monter vers l’église ; ceux du haut descendent travailler dans les entreprises du port. Les passages existants sont raides, parfois privés et en mauvais état. Une liaison publique plus confortable répond donc à un besoin quotidien. L’ouvrage est aussi un équipement de quartier, avant d’être un point de vue pour la promenade.

L’autorisation de créer la nouvelle paroisse Sainte-Anne-de-l’Hermitage date de 1845. L’église est rapidement construite. Son implantation devient un repère dans un secteur qui se densifie. Depuis ses abords, observez comment le quartier associe ce pôle religieux, la montée depuis les quais et les rues du coteau.

L’escalier de 1850 et la statue de 1851

Le projet d’escalier est adopté en mai 1847. Théodore-Henry Driollet, architecte voyer de la Ville, en établit le plan et le devis. Le projet prévoit 125 marches en granite, réparties en cinq volées. Cette disposition appartient à l’ouvrage d’origine ; l’escalier a ensuite été modifié, notamment dans sa partie basse.

L’ouverture au public intervient le 2 mai 1850. L’escalier relie directement le quai d’Aiguillon à l’église et s’inscrit dans un projet plus large de désenclavement. Le prolongement du boulevard Saint-Aignan participe aussi à cette transformation. La montée donne une forme visible au lien entre le port et le quartier installé au-dessus.

La statue est une réalisation distincte. Le sculpteur Amédée Ménard en conçoit le modèle et le fondeur Voruz la réalise en fonte de fer. Elle est inaugurée le 22 avril 1851. Elle devait d’abord être exécutée en pierre, mais le choix final de la fonte explique ses besoins d’entretien. Son emplacement au sommet de l’escalier marque aussi l’entrée dans Nantes depuis le fleuve.

Un ouvrage remanié par les transports

L’arrivée du chemin de fer vers Saint-Nazaire modifie les lieux en 1857. La voie passe au pied des rochers et entraîne la suppression de la dernière volée de l’escalier. Un perron la remplace. Après la Seconde Guerre mondiale, le chemin de fer est détourné en souterrain, puis l’élargissement du boulevard transforme encore le pied de la montée.

Ces remaniements se comprennent en regardant l’ouvrage du bas vers le haut. La liaison actuelle porte plusieurs périodes de travaux. La promenade relie ces éléments : le relief, la montée, la statue, puis les rues du quartier.

La Hautière, un témoin plus ancien

Le manoir de la Hautière apporte une autre profondeur historique. La notice du ministère de la Culture rattache l’ensemble au XVIe siècle. Les trois anciennes maisons qui le constituent sont inscrites au titre des monuments historiques depuis le 7 janvier 1926. Sa présence rappelle la seigneurie dont dépendait autrefois le coteau.

Comparez ce témoin ancien avec le quartier façonné au XIXe siècle. La butte ne se résume ni à l’escalier ni à la seule activité portuaire. Elle rassemble une histoire seigneuriale, une transformation ouvrière et plusieurs générations d’aménagements publics. C’est cette succession que permet de suivre une courte visite à pied.

Une heure à pied sur la butte

Commencez au pied de l’escalier Sainte-Anne. Prenez quelques minutes pour regarder la montée dans son ensemble, puis montez à votre rythme. Faites une pause en haut pour observer la statue et le rapport entre la butte et les quais. Rejoignez ensuite les abords de l’église, puis gagnez le secteur du manoir de la Hautière.

Gardez du temps pour revenir par les rues du coteau et examiner les changements de pente. L’heure se partage entre la montée, les haltes et le parcours dans le quartier. Pour une promenade plus courte, concentrez-vous sur l’ensemble escalier, statue et église. La liaison par l’escalier demande de pouvoir monter des marches ; choisissez votre approche selon vos possibilités de marche.

Contour et repères patrimoniaux

Noyau de la butte autour de l’église, de la Hautière et de l’escalier, au-dessus du quai Marquis-d’Aiguillon ; distinct du secteur Chantenay à l’ouest. Le trait délimite le secteur de visite ; voir la méthode et les limites des contours.

La liste des lieux reste disponible sous la carte.

Fond de carte : © OpenStreetMap contributors ; contours des secteurs consultés les 16 et 17 octobre 2026.

Édifices du secteur dans le guide des monuments

2 édifices ou ensembles dans le secteur retenu
Édifice et repères Époque de construction Protection MH indiquée dans la base
église Sainte-Anne de Nantes Non renseignée Non renseignée dans la base
manoir de la Hautière 16e siècle 7 janvier 1926 : inscrit MH

Les dates de protection ne sont pas des dates de construction. Une protection peut ne viser que certaines parties : consultez la notice liée depuis le guide des monuments.

Accès en transports

Tram 1 : Gare Maritime, puis approche à pied par les rues vers la butte. Plan et informations Naolib. Itinéraire à vérifier avant le départ en cas de travaux ou de perturbations.

Questions fréquentes

De quand date l’escalier Sainte-Anne ?

L’escalier Sainte-Anne ouvre au public le 2 mai 1850. Son projet, adopté en 1847, est dessiné par Théodore-Henry Driollet. Il devait faciliter les déplacements entre le quai d’Aiguillon et l’église. La partie basse a été transformée avec le passage du chemin de fer, puis les aménagements du boulevard.

La statue de sainte Anne a-t-elle le même âge que l’escalier ?

La statue est inaugurée le 22 avril 1851, près d’un an après l’ouverture de l’escalier. Son modèle est l’œuvre d’Amédée Ménard ; Voruz réalise la fonte de fer. Elle appartient au projet de mise en valeur de cette entrée de Nantes, tout en ayant sa propre histoire de financement et de fabrication.

Que regarder sur la butte en une heure ?

Privilégiez l’escalier, la statue, les abords de l’église et le secteur du manoir de la Hautière. Ces étapes rapprochées donnent des repères sur plusieurs périodes. L’escalier explique les déplacements du quartier portuaire ; la Hautière rappelle une occupation bien antérieure à la grande urbanisation du XIXe siècle.

Comparer avec d’autres quartiers

Comparer tous les secteurs historiques · Monuments et places de Nantes · Carte du patrimoine par époque et quartier

Sources : Source patrimoniale, Source patrimoniale, Source patrimoniale, Naolib ; données historiques et accès consultés le 17 octobre 2026.

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