Visiter Nantes Visiter Nantes

La chapelle de l’Oratoire, un édifice du XVIIe siècle près de la cathédrale

La chapelle de l’Oratoire est construite entre 1651 et 1665 pour la congrégation des Oratoriens. Sa façade baroque et son perron se découvrent place de l’Oratoire, près des cours Saint-Pierre. L’édifice est aujourd’hui lié au musée d’Arts, mais son histoire architecturale reste celle d’une ancienne chapelle, distincte de l’hôtel Lelasseur voisin.

La chapelle de l’Oratoire, un édifice du XVIIe siècle près de la cathédrale
Selbymay · CC BY-SA 3.0 · image redimensionnée
Repères historiques et architecturaux
Localisation Place de l’Oratoire, Nantes
Construction de la chapelle 1651-1665
Architectes du chantier Jacques Malherbe puis Gilles Corbineau
Conception Abel de Sainte-Marthe, supérieur des Oratoriens
Hôtel Lelasseur voisin Plan de Jean-Baptiste Ceineray,1775
Protection Classement de la chapelle dans l’ensemble hôtel Lelasseur le 28 mars 1952
Plan intérieur Sans collatéraux ni déambulatoire

Pourquoi la chapelle paraît-elle prise entre des immeubles ?

La façade de l’Oratoire se lit aujourd’hui entre des bâtiments plus massifs. Cette situation ne correspond pas à son état d’origine. L’hôtel Lelasseur lui est accolé au sud au XVIIIe siècle ; un autre immeuble, l’hôtel de Sesmaisons-Lucinge, vient ensuite au nord. Le voisinage bâti a donc changé la manière de voir la chapelle. Depuis la place, commencez par distinguer son volume central des façades latérales : ce sont des constructions liées par l’histoire, mais de fonctions et de dates différentes.

Cette distinction est particulièrement utile pour les notices patrimoniales. Dans la base Mérimée, la chapelle est comprise dans la protection de l’hôtel Lelasseur. Les dates d’un ensemble immobilier ne s’appliquent pas toutes à chaque partie. La construction de la chapelle va de 1651 à 1665 ;1775 concerne le projet de l’hôtel voisin par Jean-Baptiste Ceineray. Le classement du 28 mars 1952 est encore une autre étape. Lire ces données correctement permet de regarder le bâtiment sans lui attribuer une chronologie unique qui effacerait ses transformations.

Qui étaient les Oratoriens installés dans ce secteur ?

Les Oratoriens arrivent à Nantes en 1619 et s’installent hors des murs de la ville. Leur présence est liée à l’enseignement : la municipalité leur confie le collège Saint-Clément en 1625. L’ensemble qu’ils développent comprend plusieurs bâtiments, et la chapelle s’inscrit dans cette implantation. Elle n’est donc pas à l’origine une église paroissiale isolée. Son architecture répond aux besoins d’une communauté religieuse et à la manière dont cette communauté organise ses activités.

Le chantier de la chapelle commence en 1651 et se termine avec sa consécration en 1665. Jacques Malherbe en est l’architecte, puis Gilles Corbineau prend la suite après sa mort. La conception est associée à Abel de Sainte-Marthe, supérieur de la congrégation. Ces rôles sont complémentaires : le programme religieux, le dessin et la conduite du chantier ne se réduisent pas nécessairement à un seul auteur. Sur place, les formes de la façade et la simplicité du plan donnent une traduction visible de cette commande.

Quels détails de la façade faut-il regarder ?

La façade est animée par des pilastres et par un jeu de lignes qui accompagne la montée du regard. Son langage baroque contraste avec la sobriété de certains ensembles voisins. Regardez les supports plats engagés dans le mur, puis la façon dont les ouvertures et les parties supérieures s’ordonnent. Le relief reste lisible depuis la place : il n’est pas nécessaire de pouvoir entrer pour comprendre le rôle de cette façade dans l’espace urbain.

Le perron constitue un autre indice essentiel. Il ne s’explique pas seulement par le souhait d’une entrée spectaculaire. L’aménagement des cours Saint-Pierre et Saint-André par Jean-Baptiste Ceineray en 1765 entraîne un abaissement du niveau du sol autour de la chapelle. Le nouvel écart de niveau impose un escalier. Regardez donc le perron comme la trace d’une transformation de la ville autour d’un bâtiment déjà construit. Le monument est resté, mais le terrain et les circulations qui l’entourent ont été remodelés. Cette relation entre sol et façade est l’un des détails les plus parlants du lieu.

Une chapelle conçue pour un espace intérieur simple

Le plan de la chapelle ne comporte ni collatéraux ni déambulatoire. Ces termes désignent respectivement les vaisseaux latéraux d’une église et la circulation qui passe derrière le chœur. Leur absence donne ici un espace plus directement organisé autour du volume principal. Il faut rapprocher cette simplicité du contexte de la Contre-Réforme, dans lequel la visibilité et l’unité du sanctuaire occupent une place importante. Ce n’est pas le plan d’une grande cathédrale réduit à une taille plus modeste.

À l’intérieur, les pilastres corinthiens et les têtes d’anges sculptées accompagnent l’architecture. La façade et la salle ne sont donc pas opposées comme une enveloppe riche et un espace sans décor : le vocabulaire ornemental se poursuit, mais dans un volume simple. L’accès intérieur relève aujourd’hui du fonctionnement du musée d’Arts. Pour une visite centrée sur le patrimoine bâti, la façade et les abords fournissent déjà une lecture complète de l’implantation, du seuil et des changements de niveau.

Quels usages ont succédé à la fonction religieuse ?

La chapelle connaît plusieurs affectations après la Révolution. Elle accueille notamment un tribunal criminel, puis des usages de caserne, de dépôt d’archives et de musée d’archéologie. Ces changements montrent la capacité d’un volume religieux à être réemployé. Ils n’impliquent pas une reconstruction totale à chaque étape. Le bâtiment conserve sa forme tout en entrant dans des organisations différentes : judiciaire, militaire, administrative ou culturelle.

En 1848, un club d’ouvriers s’y réunit dans le contexte de la naissance de la Deuxième République. Ce passage ajoute une histoire politique à celle de l’ancien établissement religieux. La chapelle retrouve également un usage cultuel temporaire après la Seconde Guerre mondiale, lorsque la cathédrale est fermée pour réparations. Les restaurations menées de 1970 à 1988 précèdent son intégration aux usages culturels actuels. Ces étapes expliquent pourquoi l’édifice appartient à plusieurs mémoires nantaises. Les lire dans l’ordre évite de présenter son histoire comme une simple fermeture religieuse suivie immédiatement d’un musée.

Comment découvrir la chapelle et ses abords ?

La place de l’Oratoire permet de lire la façade, le perron et les immeubles contigus dans le même regard. Commencez à distance, puis approchez les marches pour observer les articulations de pierre et le relief. Les cours Saint-Pierre donnent le contexte du nivellement qui a changé l’accès. Leur voisinage est utile à la compréhension architecturale, sans détourner la visite vers une promenade de jardin.

La cathédrale et la porte Saint-Pierre prolongent naturellement ce parcours vers d’autres formes du patrimoine religieux et urbain. Le secteur permet de comparer une grande église, un vestige de l’enceinte et une chapelle de congrégation. Chacun répond à une fonction différente. Pour l’Oratoire, retenez surtout le rapport entre un bâtiment du XVIIe siècle et une ville qui l’a peu à peu encadré, rattaché à des hôtels voisins, puis intégré à un ensemble culturel. La façade conserve ce récit à la vue de tous.

Localiser le lieu

Ouvrir dans Google Maps

Questions fréquentes

De quand date la chapelle de l’Oratoire ?

Elle est construite entre 1651 et 1665. Cette dernière année correspond à sa consécration. L’hôtel Lelasseur contigu appartient à un projet ultérieur, daté de 1775.

Pourquoi la chapelle possède-t-elle un perron ?

Le nivellement de la place lors de l’aménagement des cours voisins en 1765 a abaissé le sol. Le perron permet d’atteindre l’entrée de la chapelle restée au niveau ancien.

Qui a construit la chapelle ?

Le chantier est conduit par Jacques Malherbe, puis Gilles Corbineau. La conception est associée à Abel de Sainte-Marthe, supérieur de la congrégation des Oratoriens.

La chapelle est-elle un monument historique distinct de l’hôtel Lelasseur ?

La protection patrimoniale la comprend dans l’ensemble de l’hôtel Lelasseur. Le classement du 28 mars 1952 vise notamment la chapelle, mais sa construction est antérieure à celle de l’hôtel.

Continuer la visite

Comparer tous les monuments et lire la méthode · Explorer la carte du patrimoine · Choisir un circuit à pied

Sources : Wikipédia, Chapelle de l'Oratoire (Nantes) (contributeurs, CC BY-SA 4.0), Ministère de la Culture, PA00108665 ; données consultées le 18 octobre 2026. Notices Mérimée : Licence Ouverte 2.0 ; Wikipédia : CC BY-SA 4.0. Les coordonnées suivent la licence de leur source.

Retour en haut